Spécialisée dans le réemploi des matériaux et du mobilier issus des travaux de rénovation ou de déconstruction sélective, Réempro annonce une levée de fonds de 1,6M€ réalisée auprès d’un pool de partenaires bancaires, de Finorpa SCR et du fonds à impact MakeSense. Cette opération doit permettre à l’entreprise d’accélérer son développement industriel et territorial, dans un contexte de forte montée en puissance du marché du réemploi.
Fondée en 2021 par Jean-Baptiste Duran, rejoint en 2022 par Adrien Verlinde, aujourd’hui co-gérant, Réempro accompagne les professionnels du bâtiment et les entreprises dans leurs démarches de réemploi. L’entreprise intervient sur toute la chaîne de valeur : diagnostic, déconstruction sélective, gestion des déchets, reconditionnement et revente de matériaux ou équipements de seconde main. Basée à Sequedin, dans la région lilloise, l’entreprise dispose également d’un site en Belgique et ouvrira en septembre prochain un nouveau centre de reconditionnement en région parisienne, à Val-de-Fontenay.
« Notre mission est de fournir des solutions clés en main aux professionnels qui souhaitent faire du réemploi. L’objectif est de réduire la production de déchets pour diminuer l’empreinte carbone des entreprises », explique Adrien Verlinde. Réempro développe aujourd’hui deux activités principales : le réemploi de matériaux du bâtiment (sanitaires, briques, planchers techniques…) qui représente près de 70% de son activité, et le mobilier professionnel de seconde main destiné notamment aux architectes, banques, etc.
Un contexte réglementaire favorable.
Réempro revendique un positionnement différenciant sur son marché grâce à son approche intégrée. « Notre force, c’est notre capacité à proposer plusieurs métiers du reconditionnement au sein d’un même projet. Nous sommes capables de gérer la dépose, le reconditionnement et la revente des matériaux avec un interlocuteur unique, ce qui facilite les démarches pour nos clients », précise Adrien Verlinde.
Portée par la loi AGEC et la réglementation RE2020, qui imposent progressivement davantage de matériaux réemployés dans les projets de construction et de rénovation, Réempro évolue sur un marché encore largement sous-exploité. Moins de 1% des déchets du BTP font en effet l’objet d’un réemploi. « Le réemploi devient une réponse concrète aux enjeux économiques et écologiques des entreprises. Il permet de réduire les coûts, d’éviter la consommation de matières premières, et participe à une forme de réindustrialisation », souligne Jean-Baptiste Duran.
Dans ce contexte favorable, Réempro poursuit une trajectoire de forte croissance. L’entreprise a réalisé 2M€ de chiffre d’affaires en 2025 (France et Belgique) et ambitionne d’atteindre 15M€ d’ici quatre ans grâce au déploiement de nouveaux sites et au renforcement de ses capacités de reconditionnement. Cette levée de fonds doit notamment lui permettre de recruter de nouveaux collaborateurs – avec un objectif de doubler ses effectifs en un an – et d’investir dans de nouvelles lignes de traitement pour les briques et les sanitaires afin d’augmenter ses capacités de production.
Jean-Baptiste Duran, fondateur de Réempro – «Cette levée de fonds va nous permettre d’accélérer fortement notre développement et d’industrialiser notre modèle pour répondre à une demande qui augmente très rapidement ».
Jean-Yves Bacon, investisseur chez Finorpa Gestion – « Réempro apporte une réponse concrète à un enjeu majeur de transformation des usages dans le secteur du réemploi. Par son positionnement d’interlocuteur unique et sa capacité à industrialiser ses process, l’entreprise dispose aujourd’hui de solides atouts pour structurer un marché encore largement sous-exploité ».
Marion Schuppe, co-gérante du fonds makesense seed II – “Nous sommes ravies d’accompagner Réempro dans la structuration d’une filière de réemploi dans le secteur du BTP, un des grands émetteurs de gaz à effet de serre. Le savoir-faire de l’équipe et le positionnement de l’entreprise sur la chaîne de valeurs apportent la professionnalisation et l’expertise nécessaires au changement d’échelle de la circularité dans ce secteur.”